IMST & EMST : quelles indications, quels appareils

Voici ma note de synthèse du webinaire gratuit proposé par la société Aspire le 22 juillet dernier à 5.30p, heure de la Côte Est US. Cette présentation a été réalisée par le Dr Erin P. Silverman, PhD, CCC-SLP, de l’Université de Floride. Elle a duré une heure.

Le souffle peut être renforcé sur la phase inspiratoire et la phase expiratoire.

En anglais, on utilise le terme IMST (Inspiratory Muscles Strength Training) pour le travail sur le souffle inspiratoire et EMST (Expiratory Muscles Strength Training) pour le travail sur le souffle expiratoire.

Si on travaille l’un, l’autre travaille aussi. Par exemple, pour effectuer un exercice sur un appareil d’EMST, on prend une grande inspiration.

Il y a des appareils qui fonctionnent avec un seuil de pression (valve) et d’autres avec une résistance (diminution du diamètre).

Bon à se souvenir, Le diaphragme se contracte à l’inspiration et se relâche à l’expiration. D’un point de vue mécanique, les poumons peuvent être comparés à une pompe et le larynx à une valve.

IMST indications et application.

Ce type d’appareil permet un travail de mobilisation du diaphragme (qui se contracte à l’inspiration et se relâche à l’expiration) et les muscles intercostaux externes.

Le programme d’entrainement généralement proposé est composé de 5 sets de 5 répétitions à réaliser 5 jours/semaine pendant 5 semaines, en augmentant progressivement la charge.

Cet outil est conseillé pour les patients en post-ventilation artificielle (la respiration affaiblie les muscles inspi), les cas de dyspnée, les problèmes d’intensité vocale (pb de souffle expiratoire), les cas d’apnée du sommeil (contraction réactionnelle à une pression négative), les patients atteints de dysphagie ou de dysfonctionnement laryngé.

EMST indications et application.

Ce type d’appareil permet un travail de mobilisation des muscles abdominaux, intercostaux internes et supra-hyoïdiens (c’est en ce sens que certains considèrent que l’EMST renforce la déglutition).

Le programme est le même que décrit pour l’IMST.

Cet outil est conseillé pour les troubles de la toux, de la déglutition, problème d’intensité vocale/endurance (problème des chanteurs qui engagent leur diaphragme et les abdominaux ++, or ce sont les muscles intercostaux internes qui permettent de réguler la colonne d’air).

Appareils en résistance vs appareil avec valve

Les appareils avec résistance (en général, la pression est inférieure à 40 cmH20 soient 39,23 hPa) fonctionnent sur le principe d’un rétrécissement du canal, comme on pourrait le faire avec une paille. Il faut faire attention au risque d’hypoxie. Pour modifier la résistance (si on veut augmenter la charge de travail, par exemple), on peut diminuer le diamètre du tube, augmenter sa longueur et modifier la densité de ce qu’on aspire (NDLR : l’air chaud est plus léger que l’air froid par exemple) ou du milieu dans lequel on souffle (NDLR :  l’eau est moins dense que le jus de tomate par exemple).

La problématique que l’on peut rencontrer en utilisant un appareil d’IMST en résistance est que le patient peut changer sa façon d’inspirer et contourner la difficulté ; par exemple : il peut inspirer plus lentement pour compenser la difficulté ce qui donne l’impression d’une bonne réponse musculaire par rapport à l’augmentation de la charge alors que ce n’est pas le cas. Il conviendra alors de fixer un rythme (par exemple, 12 à 16 fois/minute). On peut utiliser un métronome ou une application de méditation par exemple. Le patient doit maintenir son rythme.

Avec les appareils constitués d’une valve (en général, la pression peut être calibrée jusqu’à 150 cmH20), on peut travailler l’IMST ou l’EMST, les deux pour certains. Il s’agit de dépasser un seuil sur une inspiration ou sur une expiration (ce qui, dans ce dernier cas, se rapproche d’un exercice où le patient doit éteindre la flamme d’une bougie par son souffle expiratoire). Ce seuil est fixé par le professionnel avec le patient entre 50 et 80% de sa capacité maximale inspiratoire ou expiratoire. On augmente chaque semaine le seuil en tournant une molette.

Le Dr Silverman a ensuite présenté un tableau récapitulatif très complet des différents appareils sur le marché. Parmi eux, il y avait le Powerbreathe (IMST, avec valve), le Pflex (IMST avec résistance), le PEP (EMST, avec valve ; remarque : le seuil minimal est plus faible que l’EMST150 si bien qu’il peut être proposé à des patients qui n’arrivent pas à utiliser l’EMST150), le Breather (IMST/EMST, avec résistance) et bien-sûr l’EMST150 (EMST avec valve bientôt IMST également avec un adaptateur).

Enfin, le Dr Silverman a conclu son intervention en privilégiant les appareils avec valve pour leur facilité d’utilisation parce qu’ils sont calibrés mais évoque un coût plus élevé.

J’ai apprécié ce webinaire car il m’a permis de découvrir de nouveaux appareils. Je connaissais déjà le Powerbreathe et l’EMST150 et les présente d’ailleurs lors de ma formation sur la dysphagie. Je vais essayer de m’en procurer d’autres afin d’étoffer ma boîte à outil. Par ailleurs, ce webinaire a titillé ma curiosité sur l’intérêt d’un travail sur l’IMST dans les cas d’apnée de sommeil. Quel métier passionnant qu’être orthophoniste !

Un grand merci à Sophie P. pour sa relecture bienveillante 😉

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